• Un peu d'histoire
Le PEI s'inscrit dans le plan d'ensemble du mouvement de l'éducabilité cognitive. Celui-ci considère que l'intelligence est éducable, c'est à dire que le développement peut avoir lieu quelque soit l'âge ou le niveau cognitif de départ. Ce mouvement étudie les propriétés adaptatives du système cognitif et sa capacité à se développer sous l'effet d'une action éducative adaptée. Mais zoomons un peu plus, et faisons le point sur le courant de l'approche fonctionnelle, auquel appartient Reuven Feuerstein, le créateur du PEI. Cette approche s'intéresse plus particulièrement aux fonctions cognitives et découpe le fonctionnement mental en trois étapes relatives aux informations : input (la réception), élaboration (le traitement) et output (la communication des informations). Selon Feuerstein, il y a trois principes organisateurs, les fonctions cognitives, les critères de la médiation et la carte cognitive. En prenant pour fondement le triangle pédagogique de Jean Houssaye, voici comment ces principes (en bleu dans l'illustration ci-dessous) s'y intègrent :




  • Le programme
Le programme en lui-même se compose de quatorze cahiers, comprenant des séries progressives d'exercices à réaliser en situation de médiation. Les cahiers abordent ainsi, entre autres, la comparaison, la classification, la perception analytique, l'orientation spatiale, différents niveaux de relations (familiales, temporelles, transitives), les consignes ou les syllogismes.
Ces séries d'exercices visent à entrainer les différentes fonctions cognitives et à développer l'autonomie de l'apprenant (qu'il soit enfant ou adulte). En effet, selon Feuerstein, l'efficience des fonctions cognitives résulte d'un manque de d'expériences d'apprentissage médiatisé et sont plus périphériques que centrales. Elle dépendent d'éventuelles déficiences d'attitude et de motivation, d'un manque d'habitudes d'apprentissage et de travail plutôt que d'incapacité structurelles.

  • La médiation
Je vous propose, enfin, d'aborder cette notion. La médiation, ou expérience d'apprentissage médiatisé, est une situation d'apprentissage dans laquelle un intermédiaire humain adapte intentionnellement les stimuli de l'environnement pour mieux faciliter et objectiver les processus d'assimilation et d’accommodation de l'individu (1). Cet intermédiaire se positionne donc en tant que médiateur entre l'apprenant et le savoir. Toutefois, comme le montre le paradigme SHOHR ci-dessous, le médiateur ne régule qu'une partie des interactions entre l'apprenant et l'environnement.



Les critères de la médiation :

Intéressons-nous à présent aux critères de la médiation. Ceux-ci sont les outils qui permettent au formateur d'apprécier et de moduler son attitude vis-à-vis des apprenants. Selon Feuerstein, ils sont au nombre de douze, répartis en deux ensembles, les critères fondamentaux et les critères liés la situation (2).
Le premier ensemble comporte l'intentionnalité - réciprocité, la transcendance et la signification. Ces critères sont désignés comme fondamentaux puisqu'ils sont les fondements de l'activité de médiation.
Le second ensemble comprend les neuf critères restant, à savoir le sentiment de compétence, le contrôle et la régulation du comportement, le comportement de coopération, l'individuation, la recherche des buts, le comportement de challenge, le changement, l'alternance positive et l'appartenance à l'espèce humaine.


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Sources :
(1) LAMORAL, Ph., Synthèse de la théorie d'expérience d'apprentissage médiatisé de Reuven FEUERSTEIN, Gent, 1987.
(2) ibidem